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Repéres
historiques
Les
premiers à avoir colonisé nos
régions de montagne furent des peuples de
chasseurs et pêcheurs : les Celto-ligures.
Ces peuplades préféraient vivre sur
les hauteurs des cols que dans les vallées,
humides et marécageuses. On a
retrouvé des restes de poignard et de
faucille datant de l'âge du Bronze aux cols
du Montgenèvre et du Lautaret.
Le
Briançonnais se situait dans les Alpes
cottiennes (royaume de Cottius), les contacts avec
les Romains furent dès lors
inévitables. Ce peuple, amateur d'eau
chaude, développa les thermes dans notre
village et le nomma STABATIO, tel qu'on peut le
trouver sur les tables de PEUTINGER.
Par
la suite, le pays fait partie du royaume de
GONTRAN, roi des Burgondes. En 739, le Patrice
Abbon, alors seigneur, meurt. Il lègue par
testament notre territoire à l'Abbaye de
Novalèse, en Italie, au nord de Suze. En
860, Le père abbé Eldrade ordonne la
construction, sur le site de notre village, d'un
prieuré-hospice et de quatre chapelles (Ste
Marie, St Martin, St André et St Pierre).
Depuis, on raconte d'ailleurs la légende du
*Miracle des serpents.
Le
prieuré appartiendra ensuite à
différentes abbayes au cours des
siècles. On en perd la trace à partir
du XV° siècle.
A
partir du XI° siècle, le pays
appartient aux Comtes d'Albon, seigneurs du
Dauphiné.
En
1332, le Dauphin fait une visite en
Briançonnais. Les habitants ayant
profité de conditions économiques
favorables dues à leur position en zone
frontalière (scission des Papes, commerce,
nombreuses foires ) proposent en 1343 au Dauphin
Humbert II, par ailleurs ruiné, la grande
Charte des Escartons. La communauté du
Monêtier y avait un représentant
à sa signature, le 29 mai, au château
de Beauvoir en Royans. Contre une forte mise de
départ ainsi qu'une rente assez
élevée, les briançonnais
obtiennent communément le titre de franc -
bourgeois, et avec cela la liberté de
circuler, de commercer (sans taxes), de se
réunir librement, la possibilité
d'avoir un terrier. Les habitants deviennent ainsi,
peu à peu, propriétaires des terrains
qu'ils cultivent. Ils sont libres de gérer
les forêts et les chemins comme ils
l'entendent et ont le droit de chasse,
privilège réservé aux nobles
habituellement à cette époque.
L'article 30 de la charte stipule que les habitants
du Monêtier auront, à
perpétuité, le droit à un
marché ou une foire le mardi de chaque
semaine !
La
démocratie en briançonnais commence
donc à cette époque puisque les
communautés acquièrent le droit de se
gouverner et de s'imposer sans avoir de compte
à rendre ( Escartonner en vieux
français = répartir l'impôt) .
On appellera cette communauté "la
République des Escartons". Terme cependant
inapproprié puisque la justice et la
défense dépendent du Roi de France,
les briançonnais sont toujours ses sujets.
Quatre autres unités fiscales s'allieront au
grand Escarton de Briançon : celles du
Queyras, du Val Cluson, de Château-Dauphin et
d'Oulx, soit 51 communautés. Les 3 derniers
territoires deviendront italiens en 1713,
après la signature du traité
d'Utrecht, qui marque la fin de la guerre de
succession d'Espagne. Ce petit "Eldorado" des
libertés durera de 1343 jusqu'à la
Révolution française en 1789 : la
Charte sera reconnue par tous les rois de
France.
La
révolution française entraînera
peu de destruction dans nos pays. Les
briançonnais l'accueillir avec beaucoup de
tiédeur, les députés
haut-alpins ne votèrent pas la mort du roi.
En effet, les décisions de la nuit du 4
Août avait entraîné avec
l'abolition des privilèges, la fin de ceux
définis par la grande Charte. La
révolution porta un coup au commerce local
et migratoire : les français n'avaient plus
bonne réputation !
Au
XIX°, on s'emploiera à améliorer
les réseaux de communication et
d'accès au briançonnais. Le train
arrivera à Briançon en 1884, avec un
projet de prolonger la ligne jusqu'au
Monêtier. Le second empire laissera sa trace
avec l'amélioration de la " montée "
du Lautaret et la fondation du refuge
Napoléon au col. De nombreuses idées
pour désenclaver la région ne cessent
de voir le jour depuis : des percés sous le
col du Lautaret ou sous le col d'Arsine ont
été plusieurs fois
avancées
.
L'ère
industrielle marquera à sa façon la
vallée. Le charbon et l'hydraulique
serviront à faire fonctionner
différents ateliers : moulins, martinets,
scieries, usine de la Schappe à
Briançon.
On
continuera à exploiter le charbon l'hiver,
quand les hommes n'étaient pas aux champs.
La commune se distinguera par son exploitation,
unique en France, de graphite (charbon très
pur) au col du Chardonnet, sur le hameau du
Lauzet.
L'
exode rurale se fait sentir aussi en
briançonnais : les habitants de la
vallée de la Guisane ont une propension pour
la Californie
La
fin du siècle verra l'économie se
tourner vers le tourisme : tout d'abord celui
d'été avec l'avènement de
l'alpinisme,
textes annuaires du C.A.F.
Les
2 guerres ne seront qu'une pause dans le grand
tournant qu'avait pris l'économie haut
alpine. En 1941, on inaugure la première
télécabine d'Europe. Depuis, on
n'aura de cesse d'équiper la montagne pour
le plaisir de tous.
*Le
Miracle des serpents : Eldrade ayant envoyé
quelques moines sur le site, ils
s'aperçurent rapidement que le lieu
était infesté de serpents. Ils
retournèrent donc à Novalèse
pour en avertir leur supérieur. Celui-ci
prit son bâton de pèlerin et rejoignit
à pied le territoire choisi ; il avait alors
plus de 80 ans. Arrivé au Monêtier de
Briançon, il fit le tour du bourg en priant
et réunit les serpents à l'aide de
son bâton. Marchant le premier, il ordonna
aux serpents de le suivre et les conduisit
près d'un trou où il leur demanda de
se réunir. Il leur assigna quelques limites
et leur défendit d'en sortir à
l'avenir. " Et s'il vous arrive, ajouta t-il, de
vous éloigner jamais de là, je vous
commande, au nom de Dieu, de ne faire aucun mal
à personne "
Texte tirer du site internet de la Mairie du
Monêtier les Bains © www.monetier.com
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